Les Temps Ultramodernes de Laurent Genefort

En cette nouvelle année, une bonne nouvelle est à voir du côté des éditions Albin Michel Imaginaire avec la parution de Les temps ultramodernes de Laurent Genefort, agrémentée d’une magnifique couverture de Didier Graffet. Une plongée dans un monde steampunk, uchronique, à base de cavorite et de voyages martiens !

La cavorite comme point de divergence

A la fin du XXème siècle, Georges H. Cavor découvre un nouvel élément, la cavorite dont les propriétés sont exceptionnelles : leur rayonnement permet de lutter contre la gravité.

Facile d’imaginer tout ce que va permettre cette découverte, et les années postérieures à 1895 vont permettre un développement effrené de la technologie. Les voitures volantes ne sont qu’une des nombreuses avancées technologiques rendues possibles par cette incroyable découverte.

Mais le plus grand succès reste la colonisation de Mars, sur laquelle un ecosystème complet a été découvert avec ses prédateurs, ses plantes et ce qui semble être une population autochtone intelligente : les erloors.

Ce développement rapide va rapidement se confronter à des limites : d’un côté les réserves baissent de plus en plus et de l’autre Marie Curie va découvrir que la durée de “vie” de la cavorite est bien plus faible que ce qui était prévue… avec pour conséquence un certain nombre de crises et de crash qui vont mettre à mal la société.

Des histoires croisées

C’est donc dans un contexte de pénurie de cavorite et de grandes modifications des contextes géopolitiques que démarre l’action de Les temps ultramodernes.

Une enquête menée par le commissaire Maurice Peretti, proche de la retraite, va plonger l’ensemble des personnages dans une aventure commune : Maurice Peretti découvre des lingots de cavorite dont la composition n’est pas normale. Ne comprenant pas l’origine de cette cavorite, il s’appuiera sur l’expertise d’une journaliste-scientifique, Marthe Antin, pour percer le mystère.

Une enquête qui impliquera de nombreux personnages parmi lesquels on trouvera la professeure Renée Manadier, venue de la province pour enseigner en région parisienne et qui se trouvera confronter à une hiérarchie qui pense que la place de la femme est plus à la maison, l’obligeant à trouver un autre travail. Sa vie se verra d’autant plus chamboulée qu’elle aidera un Erloor échappé du zoo.

Ce sera aussi l’occasion de croiser l’artiste Georges Moinel, qui vivra un début de vie parisienne compliquée avant de se retrouver mêlé aux anarchistes.

Nous retrouverons aussi un personnage plus sombre, en la personne de Maurice Cherry dont les idées quant à la pureté de la race et les expériences qu’il a mise en place font nécessairement penser à l’eugénisme de la seconde guerre mondiale.

Un livre hommage au merveilleux scientifique

Vous noterez que cette cavorite n’est pas une invention de Laurent mais un hommage à un autre grand écrivain de ce genre à savoir Herbert Georges Wells dans Les Premiers hommes dans la lune, de même que les Erloors (les martiens) sont à rapprocher d’un autre roman de l’époque Le Prisonnier de la planete Mars de Gustave Le Rouge. Cet hommage se retrouve aussi dans la forme, dans le vocabulaire et dans le ton du roman.

Ce qui ne doit pas faire oublier que le fond du livre, sous couvert d’enquête feuilletonnesque, aborde des sujets qui sont d’une actualité toujours brûlantes comme le colonialisme (que nous voyons ici au travers de la colonisation de la lune), le racisme sous toutes ces formes, portés ici par le traitement infligé aux Erloors, à la place donnée à la femme dans la société, les accointances entre les groupes et les états, et d’autres encore.

J’étais impatient de découvrir le roman de Laurent et de découvrir cette nouvelle réalité qu’il allait nous proposer. Et j’ai été totalement conquis par cette histoire de cavorite qui nous permet d’explorer une version moderne du merveilleux scientifique.

A noter qu’un complément existe qui vous permettre d’en savoir plus sur la Cavorologie. C’est sur le site des éditions Albin-Michel et c’est gratuit :).

Albin Michel Imaginaire (05 janvier 2022) – 464 pages – 22,90 € – 9782226461599
Couverture : Didier Graffet

En débarquant à la capitale en quête d’un emploi d’institutrice, Renée est loin de se douter qu’elle va tomber sur un Martien blessé. Mais ce Paris-là n’est pas le nôtre. Grâce à la découverte de la cavorite, un métal miraculeux, les voitures volent, des paquebots transcontinentaux appontent aux quatre tours Eiffel parisiennes, et Mars est une destination comme une autre. Quand Marie Curie découvre que la cavorite a une durée de vie limitée, elle ignore à quel point le monde va en être bouleversé. Deux ans après le « vendredi noir » de 1923, les empires occidentaux bataillent pour récupérer les dernières miettes de la si précieuse manne.Contre vents et marées, Renée soigne son protégé et décide de le ramener sur sa planète natale. Comme elle, Marthe, une intrépide journaliste, et Georges, un jeune artiste pris dans un mouvement politique qui le dépasse, seront les témoins, mais aussi des acteurs de premier plan, de cette époque-charnière pleine de bruit et de fureur.

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