Soroé – Reine des Atlantes de P.-B. Gheusi et Charles Lomon

Parution d’octobre 2020, Soroé – Reine des Atlantes vient enrichir la collection L’Âge d’Or de la Fantasy des éditions Callidor. Nous parlons cette fois-ci d’un texte de 1904 qui montre, une fois n’est pas coutume, que la fantasy était bien présente en France au début du siècle

Une enquête pour commencer

Je ne suis généralement pas très fan des prologues mais lorsque j’ai jeté un œil aux premières phrases de Thierry (éditeur de Callidor), je me suis laissé emporter par le mystère de la réédition fantôme de 1941. Il faut avouer que je n’imaginais pas que le travail de Thierry était aussi compliqué en partant de la découverte du texte jusqu’au choix de la version à rééditer. Cela vous donnera aussi l’occasion d’avoir des photos du manuscrit et de la première édition. Je trouve cela intéressant que Thierry est partagé avec nous l’histoire de l’arrivée de Soroé au catalogue. Je pense d’ailleurs que les descendant.e.s des auteurs doivent être content.e.s du rendu du livre qui reste dans les standards de qualité de la collection, le bleu étant la couleur de ce titre.

En route pour l’Atlantide

Le mythe de l’Atlantide à toujours fait rêver et questionner : a-t-il existé ou non ? Ce roman paru donc au début du siècle, va nous permettre de découvrir la chute de ce royaume dont la légende dit qu’il était très en avance technologiquement et socialement.

Trois personnages centraux vont faire l’histoire du royaume à commencer par Yerra, souveraine paraissant immortelle, s’appuyant sur la religion de l’Or et du Fer et son église pour gouverner d’une main de fer. Cette religion a réussi à mettre en minorité et à rendre pratiquement confidentielle la religion des anciens Dieux de Lumière.

Ces Dieux de Lumière qui sont au cœur du culte dont le principal prêtre est Ruslem prône pour plus de clémence notamment mais leur temps semble passé, même si la Reine semble encore tolérer la présence sur l’île. Parmi les prêtresses de l’ordre figure Soroé, fille de Ruslem, portant le nom légendaire d’une déesse dont le retour est annoncé pour sauver l’Atlantide, un sauvetage qui ne pourra avoir lieu qu’en lien avec une autre figure mythique de la légende : Argall.

Argall qui est donc le dernier protagoniste du drame à venir, et représenté par le leader d’une délégation venant de Gilt-Herm et à la recherche de Gloire.

La légende est en route

Les tensions entre partisans de l’Or et du Fer, qui maintient son emprise en s’appuyant sur de nombreux sacrifices humains et ceux des dieux de lumière n’ont jamais été aussi exarcerbé. Yerra, et ses ministres du culte, ont bien compris que Ruslem souhaite s’appuyer sur cette prophétie pour renverser la despote actuellement en place. Yerra va notamment exiger du prêtre de mettre la jeune vierge Soroé au service du culte officiel. Cette volonté d’affaiblir à nouveau les représentants des dieux de lumière aurait pu conduire Soroé à la mort si Argall ne s’était pas interposé…

Cette prise de position va accélérer les événements : si les prêtres de l’Or et du Fer, sous la direction de Nohor, souhaite la mise à mort immédiate d’Argall et de ses hommes, Yerra (et Ruslem aussi d’ailleurs) prend conscience de l’importance d’Argall. Le reste de l’histoire, que je vous laisse donc découvrir car je ne voudrais pas en dévoiler tôt, va dévoiler la trajectoire qui vont mener à la chute de l’Empire de Yerra.

Mais où étaient cachés ces textes ?

Chaque parution de Callidor nous interpelle sur cette question et nous voyons bien que de nombreux textes mériteraient d’être extirpés du passé pour être republié. Contrairement à ce que nous pourrions penser, le texte a parfaitement bien vieilli, il bénéficie d’un rythme et de rebondissements propres à retenir le plus exigeant des lecteurs de fantasy.

Je ne suis pas sûr que sans l’information sur la date de parution, j’aurai pu imaginé un texte aussi ancien. Le language utilisé bien sûr m’aurait mis la puce à l’oreille, mais pour le reste, les auteurs ont réussi à mêler tous les ingrédients qui permettent de classer ce livre dans les très bons livres de fantasy… L’histoire bien sûr, mais aussi la construction des personnages et leur évolution au travers de leurs interactions, la présence de la magie, la présence de légendes et cette impression d’héroïsme sans oublier l’amour aussi qui est quand même central à la relation entre Soroé et Argall.

Il est aussi important d’avoir un éditeur comme Callidor qui nous permet de remettre en avant l’imaginaire dans l’histoire et j’espère avoir l’occasion de découvrir encore de nouveaux bijoux du même type, sans te mettre la pression Thierry 😉

Callidor (Octobre 2020) – 382 pages – 22 € – 9782901207009
Introduction : Thierry Fraysse
PostFace : Brian Stableford
Illustration : Valérian Rambaud
Traduction de la postface : Luc Lavayssière

Onze lunes se sont écoulées depuis que les fils du nord ont pris la mer. Perdus au milieu des flots, Argall et ses frères d’armes ont fini par gagner les rives de l’Atlantide.
Yerra l’Immortelle, souveraine incontestée de l’île légendaire, y gouverne sans partage, s’appuyant sur les sanglantes idoles de l’Or et du Fer pour asseoir son règne. Cependant, lorsqu’elle s’en prend à la vierge Soroé, prêtresse des anciens Dieux de Lumière, Argall n’hésite pas à lui tenir tête. Mais face aux légions royales et aux charmes de la reine-magicienne, comment vaincre sinon en s’armant du glaive mythique du premier des rois atlantes ?

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