Un souvenir nommé empire d’Arkady Martine

Teixcalaan – Partie 1/2

La collection Nouveaux Millénaires fête ces 10 ans d’existence, et, à ce titre, plusieurs titres sont prévus pour marquer dignement cet anniversaire…. Un des titres est Un Souvenir Nommé Empire première partie de Teixcalaan d’Arkady Martine (deuxième partie pour fin d’année).

Un Empire omniprésent

L’Empire teixcalaanli domine largement l’univers, laissant un peu tranquille les quelques planètes et stations de peu d’intérêt, donnant l’impression d’être un ogre contre lequel on ne peut rien faire.

La station Lsel fait partie de ces petites zones autonomes qui intéressent peu l’Empire sans pour autant le dénigrer. Une ambassade existe et était représentée jusqu’à présent par Yskandr. Mais l’ambassadeur est mort et sa remplaçante, Mahit Dzmare, n’a que peu eu le temps de se préparer : doté d’une technologie d’avant-garde, Mahit aurait du absorber la mémoire d’Yskanrd. L’absence d’une sauvegarde récente, couplé à un temps de préparation trop court, ont fait que l’ambassadrice arrive insuffisamment préparée dans la Cité, capitale de la planète mère de l’Empire. Pire, lorsqu’elle se rend pour reconnaître le corps de son prédécesseur, la sauvegarde “ancienne” d’Yskandr disjoncte et disparait totalement.

La jeune femme ne pourra compter du coup que sur elle-même et sur Trois Posidonie, une jeune femme mise à son service pour l’accompagner dans la découverte de cet étrange monde. Le cœur de l’intrigue, en tout cas dans la première partie du récit, est de comprendre ce qui a mené à la mort de son prédécesseur et quels sont les événements qui se trament.

Des personnages complexes mais intéressants

Le point fort de ce roman est la construction des personnages et leur évolution tout au long de l’aventure et bien entendu, le personnage qui se démarque le plus est Mahit Dzmare qui doit en même temps que découvrir un nouveau monde, doit faire face aux éléments contraires qui lui rendent encore plus dur l’appréhension de ce nouvel environnement : formation trop rapide aux us et coutumes due à un départ anticipé, manque de mise à jour de la puce mémorielle du fait d’une absence de partage de son prédécesseur et surtout défection même de la puce mémorielle ancienne. Pourtant, elle arrivera à naviguer dans un univers résolument politique. Sa capacité à naviguer dans les intrigues se révèlera cruciale, aidée en cela par Trois Posidonie, agente du gouvernement en place.

Les autres personnages qui vont graviter autour de la nouvelle ambassadrice, finalement pas si nombreux que cela seront eux-mêmes confrontés à leurs propres enjeux et seront eux-aussi malmenés que ce soit par l’intelligence qui pilote la sécurité (comme Trois Posidonie) ou par des intrigants dont les objectifs demeurent assez flous.

Ce roman paru en version original en 2019 à reçu le prix Hugo du meilleur roman en 2020 ainsi que le prix Compton-Crook la même année, et j’avoue que j’en attendais beaucoup plus de par ce titre prestigieux. Si j’ai trouvé que l’univers était bien pensé, avec ce système politique très autoritaire et ne laissant que peu de places à une opposition, j’ai trouvé que l’intrigue se trainait beaucoup, tout au moins dans la première partie de ce premier volume. Des longueurs importantes cassent le rythme et endorment du coup la trame de fond.

Je reste curieux de voir le dénouement de ce dyptique dont la fin est prévue pour fin d’année.

J’ai Lu (03 mars 2021) – Nouveaux Millénaires – 464 pages – 9781529001570
Traduction : Gilles Goullet (Etats-Unis)
Titre Original : A memory called empire (2019)
Couverture : Jaimes Jones

Yskandr, l’ambassadeur de Lsel en poste dans la capitale de l’Empire teixcalaanli, est mort. Sa remplaçante, la jeune Mahit Dzmare, part avec un handicap : la puce mémorielle censée lui fournir tous les souvenirs de son prédécesseur est défectueuse, la laissant démunie face à une société complexe dont elle a du mal à appréhender les codes. Elle peut cependant compter sur l’aide de Trois Posidonie, sa chargée de liaison pleine de ressources, pour la guider parmi les intrigues et les chausse-trappes de la politique teixcalaanlie. Mais plusieurs questions demeurent : qui a tué Yskandr, et pourquoi ? Risque-t-elle de subir le même sort ?

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