Citadins de demain de Claire Duvivier

La Tour de Garde – Capitale du Nord – Tome 1/3

Je vous ai parlé il y a quelques mois du premier volume de Capitale du Sud de Guillaume Chamanadjan, Le Sang de la Cité. C’est désormais à Claire Duvivier de lancer sa trilogie Capitale du Nord, toujours dans l’univers de La Tour de Garde et toujours aux éditions Aux Forges de Vulcain.

Un élément commun : La Tour de Garde

Avant toute chose, il est bon de préciser, comme me l’a d’ailleurs rappelé Guillaume dans l’interview, que ce sont deux trilogies indépendantes, même s’ils sont dans un même univers.

Précisons aussi que ma chronique sur Citadins de demain est celle d’un lecteur ayant lu Le Sang de la Cité, ce qui a pour conséquence, naturellement, de comparer ou de trouver des points d’ancrages entre les deux récits… Mais nul crainte pour vous lecteur / lectrice qui n’auriez pas lu le pendant sudiste, vous ne serez pas perdu (même si je vous encourage à lire l’autre trilogie aussi).

Par contre, nous trouvons rapidement un point commun aux deux villes (Gemina pour le Sud et donc Dehaven pour le Nord) : cette passion pour le jeu de La Tour de Garde, étrange jeu de stratégie qui est ici le talent du jeune Yonas.

Un autre aspect est commun aux deux aventures, mais je me garderai bien de vous l’expliquer au risque de vous gâcher une partie du plaisir, et je ne rentrerai d’ailleurs pas non plus dans la dimension magique qui arrive tardivement dans le roman et que, finalement, je trouve dommage d’annoncer en quatrième de couverture… Cela donne une impatience à découvrir cette dimension, qui reste finalement secondaire…

Deux villes, Deux ambiances

Alors que Nox avait permis de découvrir une ville de Gemina bruyante, vivante et agitée, la ville que va nous faire découvrir Amalia est bien plus calme, au point qu’on pourrait presque dire ennuyeuse pour ses habitant·e·s et ses jeunes.

D’ailleurs, ils sont trois que nous allons suivre, trois jeunes qui ont suivi une éducation sérieuse et scientifique, bien loin des légendes et mythes. Si Amalia et son ami Hirion sont issu·e·s de l’aristocratie locale, ce n’est pas le cas de leur camarade Yonas, fils de l’éclusier mais à l’esprit affuté.

Tous les trois naviguent donc dans un cercle protégé qui va leur permettre de grandir tout en se devant de respecter les règles de bienséances et devant apprendre à prendre leur place dans la société. C’est la raison pour laquelle Amalia est envoyée négocier à la place de sa mère, aidé par ses deux compagnons.

Mais la situation n’est pas aussi simple, et la guerre menace de plus en plus, une guerre qui pourrait se déclencher avec les îles satellites, et la famille d’Amalia aura fort à faire, son activité étant lié au commerce entre les îles.

Ce qui tranche le plus entre les deux villes sera donc cette animation, cette ambiance, qui marque aussi une opposition entre les deux personnages principaux de chaque récit Nox, qui est un vendeur, livreur, dans une ville que nous percevons exubérante dans sa vision et Amalia, l’aristocrate qui nage dans un contexte tout en retenue.

Des débuts prometteurs

Je dois avouer que j’attendais avec une vraie impatience ce titre, tant j’avais apprécié Un Long Voyage et Le Sang de la Cité… Et je ne suis vraiment pas déçu !

Je retrouve dans Citadins de demain la qualité d’écriture, le rythme et un je ne sais quoi qui rend l’histoire fluide. Bien sûr, ce n’est pas un livre “d’action” et les événements déroulent, la tension augmentant au fur et à mesure, notamment avec l’arrivée de la magie. J’ai trouvé la progression des personnages et leurs trajectoires respectives logiques, que ce soit la relation entre Amalia et Hirion (destiné·e·s à devenir fiancé·e·s comme l’indique le quatrième) ou alors la relation des deux précédents à Yonas, qui n’est pas de leur milieu, et les conséquences que cela pourra avoir.

Nous sommes donc clairement dans un premier volume, qui va nous permettre de comprendre la ville, ses habitant·e·s et l’histoire qui se dessine. Nous allons aussi découvrir quelques ponts entre Gemina et Dehaven, quelques échos déjà entre les deux trilogies.

Il est sûr que David Meulemans a fait un bon choix en se lançant dans l’aventure de cette double trilogie avec Claire & Guillaume… On sent que La Tour de Garde sera un cycle marquant de la fantasy française.

Ce qui va être le plus dur sera d’attendre le deuxième volume de Capitale du Sud (en avril 2022) et Capitale du Nord (en octobre 2022), et c’est d’autant plus vrai pour la seconde trilogie tant le cliffhanger de Claire en fin de Citadins de demain est renversant !

Aux Forges de Vulcain (1er octobre 2021) – 374 pages – 20 € – 97823730510018
Couverture : Elena Vieillard

Amalia Van Esqwill est une jeune aristocrate de Dehaven, issue d’une puissante famille : son père possède une compagnie commerciale et sa mère tient un siège au Haut Conseil. Progressistes, ils lui ont offert, à elle et à d’autres enfants de la Citadelle, une instruction basée sur les sciences et les humanités. Jusqu’au jour où le fiancé d’Amalia se met en tête de reproduire un sortilège ancien dont il a appris l’existence dans un livre. Au moment précis où la tension accumulée dans les Faubourgs explose et où une guerre semble prête à éclater dans les colonies d’outre-mer, la magie refait son apparition dans la ville si rationnelle de Dehaven. Et malgré toute son éducation, Amalia ne pourra rien pour empêcher le sort de frapper sa famille et ses amis.

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