Retrouvez l’actualité des littératures de l’imaginaire (Science-Fiction, Fantastique, Fantasy, et autre) ainsi que des interviews de celles et ceux qui les construisent.

La Roche de Martin Lichtenberg

,

En ce mois de janvier paraît le premier roman de Science-Fiction des éditions Héloïse d’Ormesson. Depuis plusieurs mois, l’éditrice met en avant cette parution post-apocalyptique, et permet donc à Martin Lichtenberg de rentrer au catalogue. S’il ne s’agit pas d’une volonté de l’éditrice de se positionner sur un genre qui s’affirme de plus en plus, il est clair que ce premier roman d’un jeune auteur reprend beaucoup des thématiques du genre…

Bienvenue sur une île où la vie est dure…

Nous sommes sur ce qui ressemble terriblement à une île, et nous sentons que nous ne sommes pas dans le temps présent mais dans un futur indéterminé où l’eau manque cruellement. Deux populations sont présentes, les rocheux et les rocailleux. La vie est dure pour toutes et tous et le pompage des nappes phréatiques est indispensable à la survie des habitants. Une vie dure donc, sous contrôle d’une milice armée omniprésente et violente qui garantie la sécurité d’une population qui trime du matin au soir.

On sent une population totalement soumise à un pouvoir autoritaire. Rien ne semble l’affirmer mais dès les premières pages, on sent la fatigue suinter de partout, on sent une forme de désespoir et, plus difficile à expliquer, on sent un monde silencieux, dépourvu de plaisirs… Seul semble persister un espoir : celui de rejoindre “la capitale”, espoir réservé à quelques personnes, et qui se traduit par une grande cérémonie où un train accompagnera les heureux élus vers une retraite bien méritée…

Comme souvent dans les futurs autoritaires, l’art et ses formes de représentations sont proscrits, et ce que nous comprenons rapidement, c’est l’absence de musique, l’absence de cette dynamique qui peut éveiller les populations.

C’est lors d’un départ que nous découvrons Sol, dont nous découvrirons le nom plus tard, alors qu’il trouble l’ordre public en se lançant dans une représentation musicale qui entraîne une bonne course poursuite, révélant par la-même que quelques personnes tentent de réveiller la population. C’est le cas de Dael, un artisan qui semble en savoir long sur l’histoire de La Roche…

… pour un premier roman poétique et surprenant.

Ce premier roman de l’auteur nous plonge donc dans une dystopie classique où nous retrouvons une société autoritaire, contrôlant comme il se doit la population, et interdisant donc la musique mais, même si cela n’est pas précisé, il est fort probable que toute forme d’art soit absente. D’ailleurs, et cela ne sera pas une surprise non plus pour les habitué·es du genre, la population est abrutie par un travail épuisant qui ne donne aucune envie in fine de se rebeller.

La population que nous décrit Martin Lichtenberg est représentée par quatre classes : les rocheux, les forces vives de la population, qui travaillent avec acharnement à trouver de l’eau et qui n’ont comme seul espoir donc de rejoindre la Capitale. Les rocailleux sont ceux qui trop âgés ou blessés pour pouvoir encore être des rocheux. Les forces de l’ordre, qui encadrent et s’assurent que les règles de la société soient respectées. Et bien qu’on ne les voit pas forcément très bien, on imagine assez facilement qu’une classe dirigeante gère tout cela.

La Roche est un récit qui est exigeant et poétique : il a une construction qui nous plonge tout de suite dans l’action, avec un contexte qui nous sera amené au fur et à mesure, ce qui rend le texte un peu déstabilisant par moment.

J’avoue que je ressors du roman avec un sentiment ambigu, l’impression par moment d’être perdu dans l’histoire avant de rebondir le chapitre suivant. Pourtant, l’histoire est riche, le style intéressant et l’histoire, bien que classique, tient ses promesses.

Espèrons que cette première incursion dans le domaine des littératures d’imaginaire sera reproduite par la maison d’édition 🙂

Héloïse d’Ormesson (18 janvier 2024) – 384 pages – 22 € – 9782350879215

Tous rêvent de fuir cette île désolée, où la ressource en eau est rare et contrôlée. La plupart des habitants s’épuisent à pomper des nappes inaccessibles. Ceux qui refusent cette cadence infernale n’ont d’autre choix que de se tapir dans l’obscurité. Mais dans cet univers de violence, une poignée d’individus n’a pas renoncé à la poésie. Au péril de leur vie, ils vont conjuguer leurs forces et chercher l’espoir et la beauté jusque dans les recoins les plus sombres de cette terre.


Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.