Dune de Frank Herbert

Alors que le film de Jacques Villeneuve est en salle, vous pouvez retrouver chez Robert Laffont, et désormais en format poche, une réédition du fameux cycle Dune de Frank Herbert, cycle majeur de la Science-Fiction.

Une occasion unique pour ceux qui ne connaîtrait pas ce phénomène de découvrir ce monument de Science-Fiction, avec, en plus, la chance d’avoir des romans magnifiquement illustrés par Aurélien Police.

Avant toute chose, si vous hésitez encore sur l’ordre (voir le film puis lire le livre), je vous recommande de commencer par le livre, tant le film est loin de la richesse de l’écrit.

De quoi parle-t-on ?

Je ne vais pas vous faire le détail de tous ce que représente Dune et des messages, sujets sous-jacents, de nombreuses personnes ont déjà faits quantité d’analyses détaillées et sont probablement plus brillantes dans leurs conclusions. Je vais me concentrer sur mon expérience de lecteur.

Pour résumer très simplement la trame de fond de Dune, il faut se rapprocher de la nouvelle mission qui va être confié aux Atréides… Remplacer sur Arrakis les Harkonnens, que nous découvrirons être les ennemis jurés des Atréides, pour exploiter l’épice, denrée indispensable pour faire fonctionner l’Empire.

Leto, Duc atréides, n’a d’autre choix que d’accepter cette nomination, tout en ayant conscience dès le départ que cette promotion est loin d’en être une réellement et sent furieusement le piège. Malgré tout, il prendra le risque et espèrera éviter le traquenard en s’appuyant sur la population locale, maltraité jusque là, que sont les Fremens. Rapidement, la situation se complexifie, et c’est tout le clan Atréides qui se retrouve en danger…

Un système politique complexe

Résumer ainsi, nous pouvons penser que nous retrouvons une histoire de guerre entre famille et clans assez classique et finalement banal pour une œuvre de science-fiction… Mais c’est sans compter sur la complexité du système politique que propose Frank Herbert. Car si l’épice est la production principale d’Arrakis, nous nous rendons compte que ce ne sont pas les populations locales qui peuvent en bénéficier… Cruciale pour les mentats (pour leur permettre d’avoir les visions), dans le commerce (car permettant aux pilotes de voyager au travers de l’univers) et dans bien d’autres contextes, l’Epice reste sous la domination de chef d’état (les Maisons) étrangères à la planète.

Ces maisons sont de leur côté, le contrepoids de l’Empire, et tout le déclenchement de Dune et des événements qui y sont décrits, sont la conséquence de la montée en puissance de Leto, et une volonté de l’Empereur de sécuriser son pouvoir. Mais ce ne sont pas les seuls enjeux qui se retrouvent à complexifier l’environnement puisque la CHOM ( Combinat ou Compagnie des Honnêtes Ober Marchands) joue un rôle important dans l’équilibre global, choisissant de soutenir ou pas en fonction des bénéficies qui en sont tirés.

Toute ressemblance avec des matières premières comme le pétrole serait bien entendu totalement fortuite :).

Nous avons donc cette dimension politique inter-planétaire d’une certaine façon mais aussi une dimension plus locales avec cette volonté des Fremens de pouvoir s’approprier ou se réapproprier leurs planètes, et, comme vous le verrez, qui souhaiteront améliorer leurs conditions de vie…

La religion n’est pas oubliée

La deuxième dimension forte du récit est portée pour moi par les Bene Gesserit, groupe de femmes qui vont avoir une influence majeure dans l’évolution de l’histoire, implantant les messages, influençant les hommes et surtout développant une forme de crainte envers ce qu’elle représente.

D’ailleurs, Jessica, la mère de Paul et concubine de Leto, est une Bene Gesserit. Une Bene Gesserit rebelle malgré tout puisqu’elle a fait passer son amour pour Leto (ou son ambition personnelle) avant le bien de son ordre.

Cette religion omniprésente a pour objectif affiché de conduire l’histoire sur les rails que l’ordre a prévu, pour le bien de tous, cela s’entend, en s’appuyant sur des croisements de lignée sécurisant l’avenir.

Revenons à l’histoire

Vous l’aurez donc compris, l’histoire n’est pas simple, et d’ailleurs la plupart des explications sur la construction de ce monde sont données dans la première partie du roman, rendant la lecture peu fluide. Néanmoins, cette mise en contexte va nous permettre de mieux appréhender la suite, et vous constaterez qu’une fois fourni l’effort initial, la lecture devient facile et fluide, entraînante dès l’arrivée sur Arrakis.

Nous allons rapidement nous passionner pour l’histoire de Paul, jeune homme perdu dans une histoire et une destinée qu’il ne comprend pas ou qu’il ne souhaite pas accepter. Nous allons naviguer dans les trahisons et les complots, souffrir pour tous ces personnages qui sont les victimes de puissants qui les manipulent.

L’arrivée sur Arrakis, et la volonté de Léto de rendre meilleur la vie des habitants d’Arrakis nous le rende évidemment sympathique. La proximité de sa chute se sent dès les premières pages et nous ne pouvons que subir, comme lui les événements.

Des personnages forts

Au-delà de l’histoire complexe, ce sont aussi les personnages qui font de Dune un roman exceptionnel. Si je devais en mettre quelques uns en avant, ce serait tout d’abord le Duc Leto qui va faire passer son devoir avant toute autre considération et qui, indépendamment des conséquences, va tout faire pour tenir ses engagements.

C’est ensuite Jessica, qui a su rester proche de son concubin, qui s’est opposé à son ordre par amour et qui est prête à tout, y compris être accusé du pire, pour protéger son fils.

C’est aussi le Docteur Yueh, victime pour le coup de la machination des Harkonnens… Ou encore Stillgar, le chef fremen, qui accueillera Paul.

Difficile de résumer en quelques mots, je m’arrêterai donc là et suis assez curieux de voir ce que les déjà lecteurs pourraient ajouter.

A noter pour ceux qui voudraient en savoir plus sur l’auteur, les peuples, … que l’excellent Mook Dune vous donnera plein d’informations complémentaires.

Et mes excuses si vous ne trouvez pas la chronique à niveau, difficile de parler d’un roman déjà tant de fois chroniqué 😀

Robert Laffont (Janvier 2021) – 625 pages – 20 € – 9782221252055
Pocket (Septembre 2021) – 928 pages – 11,25 € – 9782266320481

Traduction : Michel Demuth (Etats-Unis)
Titre Original : Dune (1965)
Couverture : Aurélien Police

Il n’y a pas, dans tout l’Empire, de planète plus inhospitalière que Dune. Partout, des sables à perte de vue. Une seule richesse : l’épice de longue vie, née du désert, et que tout l’univers convoite.
Quand Leto Atréides reçoit Dune en fief, il flaire le piège. Il aura besoin des guerriers Fremen qui, réfugiés au fond du désert, se sont adaptés à une vie très dure en préservant leur liberté, leurs coutumes et leur foi. Ils rêvent du prophète qui proclamera la guerre sainte et changera le cours de l’Histoire.
Cependant les Révérendes Mères du Bene Gesserit poursuivent leur programme millénaire de sélection génétique : elles veulent créer un homme qui réunira tous les dons latents de l’espèce. Le Messie des Fremen est-il déjà né dans l’Empire ?

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